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Artiste montant : Le Hutin

Artiste montant : Le Hutin

Jeune artiste de la scène française, Le Hutin sort ce samedi son dernier bébé, son dernier EP, ADAYEBA, signé sur le label indépendant De La Groove. L’occasion pour nous de vous le diffuser en exclusivité sur nos ondes et de pouvoir poser quelques questions à la tête pensante de l’objet.

Partie 1 : We talk

  • Tu es un jeune artiste de la scène parisienne, quand, comment et pourquoi t’es-tu mis à la production et au DJing ?

J’ai commencé la musique via la guitare en fin de collège en autodidacte avant d’intégrer des boys-band et groupe Rock n’Roll, des formations souvent incertaines. Le fait de pouvoir jouer et partager avec des gens doués et passionnés est vraiment incroyable et enrichissant, mais c’est également une plaie pour ce qui est de l’organisation.
Au contact de batteurs, pianiste et bassiste, je me suis donc formé à ces 4 instruments en acoustique. Du rock et/ou rap, j’ai pas mal vogué entre les styles au Lycée et en Prépa (Jazz, Rock, Hip-Hop, Soul, Funk, les débuts du Future Beat)

C’est en début de L3 que j’ai réalisé que la home-production était le moyen le plus durable de réaliser un projet musical sans les contraintes d’un groupe. Après un ou 2 ans à tâtonner sur le style et la forme, à acquérir du matériel (Fender Strato, Godin demi Caisse, Kingkorg pour les synth)… Je me suis lancé, c’était un rêve de gosse de produire un EP DIY.

Concernant le DJing, pour être honnête, j’étais un peu hermétique à cette discipline avant d’en comprendre la vraie richesse. C’est un excellent moyen de se produire sur scène, de créer une atmosphère, mais aussi de partager beaucoup d’alcool sous de bons auspices (ndlr. on approuve !). Je trouverais ça malhonnête de me définir comme DJ même si je mixe de plus en plus régulièrement. J’apprécie la chose, et travaille pour peaufiner chacun de mes mixs et sélections. Mais je pense avant tout être venu à la musique pour produire, jouer, composer… J’aimerais d’ailleurs mettre en place du live dans mes sets !

  • Quel a été le déclic ? Un premier instant marquant où tu t’es dit « je veux faire pareil » ?

C’est vrai qu’au début, il est toujours très compliqué de définir ce que l’on veut faire, mais je pense que le côté expérimental est très important pour aussi tâtonner sur ses propres possibilités. J’ai longtemps oscillé sur différents styles proches d’une sorte d’ambiant progressive, très empreint d’harmonies.

Si je devais donner un morceau référence, qui m’a amené à vouloir produire une sorte de house disco / soulful / funk, je crois que ce serait « to be in love – Master at work ». Un gros classique, mais incroyablement dansant, avec une grande part d’organique dans un morceau pourtant résolument électro.

  • Tu sors demain (ndlr le 8 juillet) un EP qui oscille entre jazz et électro, qui accompagnera parfaitement l’été des fans de house ! Tu peux nous en dire plus sur cet EP ?

Cet EP est une grande étape pour moi. Jusqu’ici, j’ai travaillé dans mon home studio, dans mon coin. Pour cette sortie, les morceaux sont masterisés par un studio professionnel, contrairement à tous les releases précedant.

D’un autre point du vue, cet EP vient justement se poser comme une sorte de définition de mon univers musical. Comme dit précédemment, si le tâtonnement est nécessaire, définir une identité musicale est également prépondérant aujourd’hui, notamment vis-à-vis de la multitude d’artistes qui émerge en France et de par le monde sur la scène House. Il est effectivement très influencé rythmiquement par l’approche house & Groove, enrichie dans les harmonies par mes influences multiples (jazz, funk, soul).

  • ADAYEBA est assez long, puisqu’il contient 7 tracks. Finalement, c’est presque un album. Pourquoi cette volonté de sortir autant de morceaux ? Y a-t-il une histoire derrière ?

Effectivement, l’EP classique est plutôt composé de 4 tracks. Initialement, j’avais déjà un EP fini fin 2016 mais suite au vol de mon PC, j’ai perdu tout ce travail.

Au-delà de cet évènement, j’avais trop de chose à dire et explorer pour le contenir en 4 titres, je voulais justement faire parler la variété sonore qui m’inspire. Finalement, le fait que la sortie soit digitale ne pose aucune contrainte, j’aurais surement dû raccourcir la chose s’il sortait en vinyl.

Pour l’histoire, Adayeba signifie « naturel ». A l’heure du sampling, j’ai justement voulu insister sur le côté composition et jeu, car c’est aujourd’hui quelque de paradoxalement original. En effet, 99% de l’EP est issue de recording audio (guitare, basse, synth, piano). J’ai également invité 2 amis à venir poser des voix pour conserver ce côté « homemade ». Je ne pourrais m’en dire fier mais ad-minima heureux.

  • L’EP sort chez DE LA GROOVE. Tu peux nous en dire plus ? Votre rencontre, vos projets etc etc….

Effectivement, c’est la 4ème sortie du label. Il y a eu le VA Friendzoned by my Love début mars, le double EP de B.K Mik (autre co-fondateur), et celui-ci.

De La Groove, c’est vraiment un projet qui nous tient à cœur. Cela fait aujourd’hui un an que nous avons créé ce label, originellement collectif entre 3, puis 6 srabs (ndlr. comprendre « amis »), pour jouer et partager des bons moments. On a vu qu’au-delà des potes, la sauce commençait à prendre et on prend de plus en plus de temps pour densifier nos projets.
On a un Various Artiste qui devrait sortir fin septembre avec Knuckle G, Chevals, Vanderkraft, Too Many Cars In The Kitchen et nous 2 (B.K et Le Hutin). C’est que des artistes qu’on trouve géniaux, et je pense qu’aujourd’hui, avec la pléiade de projets indépendants, c’est important de savoir s’ouvrir à d’autres influences.

On devrait également recruter deux ou 3 nouveaux producteurs pour élargir notre champ de vision, et on aimerait sortir notre premier vinyl en 2018.

On a parallèlement trouvé une graphiste, ce qui constitue une belle progression pour notre ID visuelle.

  • Tu te produis également un peu partout dans Paris. Quels sont tes futurs projets et ambitions ?

C’est vrai que ça bouge pas mal de ce côté-là. On a un bel agenda pour l’été (Release party hier au Café de la Presse, Brasserie Barbes avec Chinau, Batofar avec Chevals, International avec Bellaire et Knuckle G, Concorde Atlantique avec Racyne, La Folie à la vilette ou encore le GARAGE avec Ethyène et Folamour).

Je bosse beaucoup sur la partie évènementielle. C’est vrai que ce n’est pas théoriquement l’activité majeure d’un label mais comme Paris bouge de partout, je pense que c’est une bonne opportunité tant pour nous que pour inviter des petits ou moyen DJ.

A titre perso, j’ai des projets plein la tête mais je sors tout juste des études, il va falloir calibrer tout ça et mieux vaudra en parler une fois les choses en cours 😉

  • Un conseil pour les jeunes piwis qui découvrent la production ?

Foncer, prendre du temps pour cela (compo, mix, écoute de titres), être à l’écoute des autres et croire en soit !

 

Partie 2 : MUSIQUE IS ON

Je te propose 5 tracks, dis-moi ce que t’en pense, ce que ça t’évoque, est-ce que tu aimes ou détestes etc etc…

Breach – Jack

Première chose, le clip a une forte identité visuelle qui me fait plutôt marrer. Après le son, tant pour les paroles, la rythmique que les sonorités, ça ne me parle pas franchement ahaha. J’aime aussi le minimaliste, mais là j’m’y retrouve pas spécialement. Bon taff sur la bassline cependant.

Brulée – Menace

Intro fachée ! Bon là je suis obligé d’être tranchant, l’Acid techno ça ne m’évoque rien.
Du coup je ne peux rien dire du morceaux, c’est bien produit.
Ivre je peux éventuellement l’écouter, là il est 12h c’est un peu trop dur, je passe au suivant !

ALVA – Disco Inferno

Ahhhh ! Alva c’est cool, je ne connais pas depuis très longtemps, mais c’est vraiment pas mal. Et puis le Label Pont Neuf, c’est un peu une référence pour les petits labels comme le nôtre. J’en profite pour placer un Big Up au Habemus Paname vol 2 qui est une sortie assez dingo et récente de chez eux.

Un morceau que je pourrais passer en set ou écouter à partir de la fin d’aprem. J’aime beaucoup l’utilisation des orgues la dessus.

Bob Dylan – Mr Tambourine Man

Woaah j’m’attendais pas à celle-ci. C’est surement mon titre favori de Dylan, qui est lui-même un gros monument du folk et de la musique globale.

La mélodie est douce, les paroles sont vraiment magiques et poétiques (ceux qui ne les ont jamais vraiment checké, je vous conseille vivement d’aller les consulter).
Pas grand-chose à dire. Respect robuste Bob !

Prince of Denmark – Soulfood

Ahah qui est le tortionnaire qui propose les playlists ?
Je ne pense pas être fermé d’esprit. Mais j’avoue que j’aime la musique pour la mélodie avant tout, ça me parle pas ça aussi, je n’en dirais pas de mal, je suis juste hors champs.


L’EP ADABEYA sera disponible dès demain sur toutes les plateformes de téléchargement !

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