Chroniques

En route vers l’âge d’or des soirées hors-club

En route vers l’âge d’or des soirées hors-club

Dans le paysage de la musique électronique aujourd’hui, une tendance est en train de connaître une croissance énorme, celle de passer ses soirées autre part que dans les clubs. Mais alors pourquoi s’embêter à déplacer enceintes, lumières, artistes et public ?  

 

Le ras le bol des clubs conventionnels 

Certaines enseignes peinent à remplir leurs salles de concert, même en proposant des artistes toujours plus chers, toujours plus connus. Pourtant parfois, des concepts originaux sont proposés aux fêtards, mais ils sont vites lassés par ceux-ci quand ils sont mis en place dans des lieux où ils ont l’habitude d’aller, des lieux où ils ont déjà passés plusieurs soirées, et où la magie n’opère plus vraiment.

En effet, malgré les efforts des organisateurs concernant les visuels proposés, les artistes bookés ou les concepts proposés, on assiste à un essoufflement de l’envie des participants d’aller en boite.
La programmation musicale, qui a toujours été le maître mot des soirées ne change que peu les choses face à la multitude de collectifs présent dans ce milieu, il faut donc trouver de nouvelles astuces pour faire venir le public. Et c’est vers des lieux inutilisés et atypiques que se tournent les organisateurs : ils en prennent conscience.

Hors série #1 à la gare Saint-Lazare par Surprize / © Jacob Khrist

C’est aussi dans la volonté de toujours vouloir écouter de la grosse techno bien forte sur d’énormes systèmes son, que les participants se tournent vers des lieux permettant cela, car les clubs sont malheureusement limités, et une nouvelle loi n’arrange pas les choses, limitant le volume de diffusion du son de 105db à 102db, ce qui, au niveau du ressenti physique, diminuerait le volume de moitié.

 On assiste à un renouveau de la scène underground, une envie de casser les codes et de proposer constamment des nouvelles choses aux participants. De plus en plus nombreux, les collectifs techno se développent en France et à l’étranger. La musique est aujourd’hui un moyen de revendiquer, faire passer des messages et les collectifs  souhaitent mettre en corrélation l’art et la musique pour intégrer la culture alternative à la nuit parisienne : En 2018, les plans “secret warehouse” feront toujours recette.

Drom Fluctuat Nec Mergitur / © Gaëtan Tracqui

Le producteur Shlømo nous explique : «Je sors depuis dix ans, je vois comment ça a évolué. On est dans une génération qui se lasse vite, et pas seulement pour la techno. En conséquence, il y a de plus en plus de choix, plus de soirées qui sont comme des raves mais réglementées, et ça n’enlève rien à la beauté de l’événement.»

L’importance de l’atmosphère d’un lieu unique 

L’exploitation d’espaces nouveaux est aujourd’hui le nerf de la guerre, afin de ravir les spectateurs, toujours plus avides de nouvelles expériences. Et ça, les organisateurs l’ont bien compris, on peut en citer quelques-uns qui ont déjà ou vont mettre à profit cette tendance début 2018 : BNK, Possession, La Quarantaine, Exil,…

A mi chemin entre rave party et soirées organisées, les warehouse party connaissent un succès grandissant en Ile de France. Le succès de ces fêtes hybrides fait le bonheur d’un public hétérogène. Artistes et participants s’accorderont à dire que le ressenti est différent selon le lieu où la fête prend place, et certains organisateurs n’hésitent pas à délocaliser les événements loin en banlieue, afin de proposer des lieux toujours plus grands car le public en redemande.

La possibilité de transformer les lieux est extrême, et de proposer des scénographies sortant de l’ordinaire.

Fée Croquer / En famille s3e5 / © Léo Vidale

Dans des hangars, des ateliers d’artistes, des instituts, chapiteaux… elles sont accessibles en transports en commun, petit prix d’entrée (entre 5 et 15-20€ max), prix abordables des boissons et surtout un esprit libertaire : s’habiller comme chacun le souhaite, voir même se déshabiller. Expos photos, massages, espace réalité virtuelle, stands de jus de fruits ou de nourriture, tout est mis en oeuvre pour proposer au public des expériences nouvelles. Ces événements ont aussi souvent pour but de mettre en valeur la musique par diverses interventions artistiques. Sculpteurs, danseurs, peintres, photographes, les oeuvres et performances peuvent être nombreuses.

Myst – Cuir en Cage / © Alexandre Desmidt

« Paris est plus mélomane que jamais – le premier facteur de rencontre est la fête, la rencontre se passe par des qualités communes autre que le genre : les goûts musicaux. Cela entraîne une nouvelle unité, mixité et volonté de vivre ensemble », dit Naila Guiguet, connue sous le nom de Parfait et à la tête des nuits Possession.


 L’année 2018 prouvera que les collectifs ne sont pas à court d’idées pour nous faire déplacer et profiter de leur vision hybride de la fête.
Toujours plus de liberté, toujours plus de plaisir, et surtout, toujours plus de partage !

Engbers Alexander

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