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Erol Alkan interview (Extended PWFM Rework edition)

Erol Alkan interview (Extended PWFM Rework edition)

A l’occasion de la sortie d’un premier volume composant ses reworks les plus célèbres (le 3 novembre sur le label Phantasy), PWFM a eu la chance de s’entretenir avec le génie londonien Erol Alkan. 

1 – Ton album “Reworks volume 1” va sortir le 3 novembre, qu’est-ce que ça signifie pour toi de faire un rework ?
Cela a voulu dire bien des choses au fil des années. J’ai commencé par faire uniquement des reworks de musiciens que je connaissais personnellement puis ça s’est développé et c’est devenu plus hasardeux. Mais je dois toujours avoir la possibilité d’entendre une nouvelle manière d’entendre la chanson que l’on me propose afin de pouvoir me justifier mon implication.

2 – Quel est le processus de choix ? On te demande ? Tu demandes ?
La seule fois où j’ai demandé à faire un rework pour quelqu’un d’autre c’était pour le titre de Kindness « Gee Up ». Je trouvais l’originale trop courte et je voulais en faire une version plus longue, j’avais déjà en tête ce que je désirais en faire, on m’a envoyé les pistes et j’ai pu m’y atteler assez rapidement. Toutes les autres fois, on me l’a demandé.

3 – Pourrais-tu nous parler de tes 2-3 reworks préférés sur ce volume 1, pas forcément celui qui sonne le mieux mais aussi pour l’histoire qui pourrait être attachée ?
Mon rework de Hot Chip est assez spécial pour moi. C’était la première fois que je sortais de ma zone de confort dans le sens où je faisais quelque chose qui ne ressemblait pas à mes sets, j’allais même à contresens. Je pense que ça m’a aidé à me développer en tant que Dj et à être moins prévisible.

Mon rework de Justice est aussi particulier car ce sont de très bons amis que j’ai vu éclore passant de l’électroclash compressée de leur chambre à une musique qui a enflammé le monde entier.

Et enfin mon rework pour Connan Mockasin est très précieux pour moi car je voulais rendre un hommage particulier à la beauté de la chanson d’origine et faire quelque chose de spécial. C’est en plus un artiste dans lequel je croyais très fort et je voulais partager mon enthousiasme avec le reste du monde.

4 – Pourrais-tu nous citer un ou deux reworks d’autres producteurs que tu aimes vraiment (célèbre ou pas) ?
J’aime beaucoup l’approche de François Kevorkian, il a eu une forte influence sur moi surtout avec ses reprises des Cure, des Smiths ou de Kraftwerk.

Et un autre producteur dont le travail m’enthousiasme énormément : Dj Koze, je guette toujours avec impatience tout ce qu’il fait.

Et je ne peux malheureusement pas tous les citer mais il y en a bien d’autres qui réussissent le mariage de leur sensibilité avec celle de l’artiste d’origine.

5 – A quel moment as-tu commencé à t’intéresser aux reworks ? Existe-t-il des reworks non-officiels et unreleased des moments où tu étais encore tout jeune producteur ?
Bien sûr ! J’ai commencé à faire de la musique quand j’avais 14 ans et je samplais ce que j’entendais à la radio la plupart du temps. J’achetais aussi les disques de Public Enemy que je retravaillais sur mon ordinateur Amiga en ajoutant des drums ou des bouts d’autres titres. J’ai toujours les cassettes quelque part.

6 – As-tu des reworks non-officiels que tu utilises pour tes sets et que tu n’as pas l’intention/les droits de sortir ?
J’en ai, parfois je fais des versions de chansons uniquement pour mes Dj sets et j’ai depuis longtemps fait mes propres edits pour mon usages personnels. La plupart du temps, je désire les garder pour moi car je pense que c’est important pour un Dj d’avoir des chansons uniques dans ses sets

7 – Quel(s) conseil(s) donnerais-tu à un jeune producteur qui voudrait faire un rework ?
Il n’y a pas de règles, soyez juste les plus clairs possible sur ce que vous voulez raconter et exprimer.

8- Si tu pouvais faire le rework de tout un album, toutes questions légales mises de côté, sur quel album rêverais-tu de travailler ?
Un album entier ? Peut-être l’album « White Room » de The KLF. J’aimerais faire des nouvelles versions de chaque piste, j’ai une version en tête, une sorte d’image musicale de The KLF qui n’est jamais apparue.

9 – PWFM est une radio dédiée aux jeunes talents, du coup tradition oblige : quels jeunes talents aimerais-tu mettre en lumière ici ? 
J’aime beaucoup : UMFANG, Ozel AB, Sophia Kennedy et Karen Gwyer.

10 – Un mot « reworked » pour terminer l’interview ?
Evol

Merci !

Pour choper ce volume 1 c’est par ici ou  !

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