Chroniques

SAKATRAK #2 : ITALO-DISCO

SAKATRAK #2 : ITALO-DISCO

[Tous les mois, les copines de Sakatrak vous proposent un article exclusif sur un sous-genre des musiques électroniques. Vous pourrez y découvrir l’histoire, les têtes d’affiche et les lieux mythiques qui l’ont façonné. Pour accompagner tout ça, elles vous ont aussi préparé une sélection de tracks que vous trouverez en fin d’article.]

SAKATRAK  →  Blog // Facebook // Soundcloud // Youtube


SAKATRAK x PWFM #2 : ITALO-DISCO

ALERTE AU KITSCH, aujourd’hui on va vous parler d’italo disco. Avis aux technophiles un peu fermés d’esprit, vous pouvez passer votre chemin.

Né en Italie à la fin des années 70, le genre s’inspire directement du disco: du coup, en toute logique, ça s’appelle l’italo disco. Pas très original, mais au moins on saisit tout de suite l’idée. Vous pourriez vous imaginer que de la disco remixée à l’italienne donnerait quelque chose qui frôle le mauvais goût. Et bien vous avez complètement raison: une mélodie cheap (mais accrocheuse) au synthé, une petite chansonnette en anglais par-dessus… Mais c’est aussi pour ça qu’on aime ce genre du fond du coeur: toutes ces chansons sans exception sont des « guilty pleasures » qu’on évitera de faire écouter à nos amis en soirée.

Recontextualisons un peu la naissance de l’italo disco: nous sommes en pleine mondialisation, la musique s’exporte (notamment avec la chaîne MTV), tout le monde regarde vers les Etats-Unis. Or, le nouveau genre à la mode là-bas est le disco. Parmi les producteurs de l’époque, celui qui influencera le plus l’italo est certainement Giorgio Moroder: à l’époque, il produit « I Feel Love » pour Donna Summer et la propulse au top des charts américains. Plus étonnant, Kraftwerk sera aussi cité comme une influence par certains producteurs d’italo (on n’oublie pas que Kraftwerk a posé les fondations de la techno tout de même) comme Alexander Robotnick. Vous entendrez tout de suite la différence entre les deux écoles.

C’est en 82-83 que sortiront les plus gros tubes d’italo-disco, notamment grâce à B.W.H. et Klein & MBO. Les premiers sortent le vinyle Livin Up/Stop, et les seconds l’indétronable Dirty Talk, morceau absolument MYTHIQUE pour les fans d’italo-disco. A la même époque naît en Grande-Bretagne le Hi-NRG, le cousin anglo-saxon de l’italo: on vous a mis un morceau des Flirts pour vous faire une idée, vous entendrez vous même que la différence est moindre.

Des labels comme Zanza Records ou Il Discotto sortent alors des singles à la pelle, pas forcément agréables à écouter pour certains, comme Pink Project et leur version italo de Another Brick In The Wall (oui monsieur). Parmi les têtes de file du genre, on compte aussi ZYX Records, un label allemand fondé dans les années 80 qui sort 4 compilations consacrées à l’italo: les Italo Boot Mix. Aujourd’hui, le label est encore actif mais s’est diversifié dans des styles comme la jungle, la drum & bass ou le metal. Ce ne sont pas les seuls sur le coup: beaucoup surferont sur la vague de l’italo-disco, qui n’était à l’époque pas pour ainsi dire « underground », puisque certains titres se retrouvent en tête du top 50. On a décidé de faire fi de titres comme « I Like Chopin » ou Ivana Spagna (une Madonna à l’italienne) dans la playlist: si certains tracks italo donnent la pêche, d’autres sont à mettre de côté (à notre humble avis). L’Italie avait en réalité un peu honte de ce genre nommé après elle, et aucun DJ italien ne faisait l’affront à son public de jouer un track italo. Comme toute mode, l’italo-disco ne dure pas et à partir de la fin des années 80, il traverse un grand passage à vide.

L’italo disco est mort, vive l’italo disco !

Quelques décennies sont passées depuis l’âge d’or du genre et, comme toute mode qui a un jour été dépassée, il revient maintenant en force. Il y a par exemple le label Italians Do It Better et ses signatures Glass Candy, Farah ou Professor Genius qui, encore en 2010, produisent du pur italo des années 80. Bordello A Parigi aussi s’amuse à sortir des EPs italo-disco depuis sa création en 2011. On se devait de mentionner Alden Tyrell et son italo 2.0 qui s’éloigne légèrement du genre en lui rajoutant une touche de modernisme. Mais ne vous inquietez pas, les synthés cheap sont toujours là.

Enfin, des producteurs qui n’ont rien à voir avec l’italo étalent depuis quelques années leur passion pour le genre. Bicep organise des soirées italo-disco, The Hacker signe une reprise de Dirty Talk avec Miss Kittin… Même les Daft Punk ont contribué au revival, avec le track « Giorgio by Moroder » sur l’album qu’on ne présente plus, Random Access Memories. Moroder a d’ailleurs repris la production suite à ce morceau, d’abord pour la Red Bull Music Academy en 2014, puis chez RCA pour un album complet avec plein de featurings de stars…

SAKATRAK x PWFM #2 : ITALO-DISCO

ON AIR sur PWFM
Podcast Johnny Saucepiquante Podcast Vakarm PODCAST Mila Dietrich
Badaboum Airlines

Newsletter